mardi 29 janvier 2013

La recette miracle

Parfois, on aimerait être une petite souris. En tous les cas, moi. Et pouvoir assister à la journée marathon du Comité statutaire de demain. Un comité statutaire de 9h à 18h ? Pour examiner deux changements de statuts relativement mineurs ? Oh, oh, oh, voilà qui semble bien curieux.
Alors, comment interpréter cela et la mine tendue du DG ?
Peut-être que le plan initial ne se déroule pas aussi bien que ça et que le Comité statutaire commence à trouver un peu agaçant de devoir défaire ce que la même Présidente lui a demandé de faire voilà quelques années...
La recette miracle des changements de statuts serait donc perdue ? Hum, cela me paraît trop simple.
A suivre donc...

samedi 26 janvier 2013

Comment Laurence va se maintenir au pouvoir...

Quand on relit la déclaration de Frédéric St Geours, on ne peut être que troublée. Si on comprend bien : l'UIMM laisse faire la modif des statuts, mais ne veut pas que cette modif s'applique à la présidente en cours.

Et cette position "ferme" (dans la logique UIMM) a été validée en Bureau.
OK, mais on est loin de la position de Gattaz (pourtant membre du Bureau de l'UIMM) qui avait clairement dit "on ne change pas les statuts à 5 mois d'une élection". Ben si, finalement.

Alors, quel est le plan ?
Voici l'hypothèse version parano : l'UIMM ne veut pas d'une élection qui pourrait perturber le prochain round social de Juillet à cause d'une nouvelle direction au MEDEF. Elle n'a pas peur de perdre la mainmise sur les négos sociales (elle reste incontournable), mais se dit qu'il vaut mieux garder ce que l'on a, au moins, on en connait les avantages et les inconvénients. Donc, la question devient : comment flinguer l'élection en douceur ?

Acte I : on laisse entendre à Laurence que c'est ok de modifier les statuts pour se maintenir. Elle le fait donc avec la finesse habituelle de l'élephant, cornaquée par Anne Méaux : on fait des fuites dans la presse laissant entendre que tout le monde est ok, on prépare un peu le terrain, puis, hop en envoie le truc au Conseil Executif, à 2h du matin, un samedi pour le lundi. Problème : ne voila-t-il pas qu'un des membres du CE se réveille et ne veut pas laisser faire. Pire, il le dit à l'usine nouvelle et annonce se présenter dans la foulée. Pour rajouter à l'angoisse, c'est un membre de l'UIMM et en plus le président du GFI.

Acte II : l'UIMM est obligée de monter au créneau. Ses mandants sont très clairs. Problème : comment le faire sans ruiner le processus en cours ? Facile : on dit, ok pour les statuts mais ça ne s'applique pas à la présidente en cours. On en profite pour laisser entendre que l'UIMM ne soutient pas le candidat déclaré (le président du GFI) histoire de le flinguer un peu et que St geours pourrait aussi y aller, histoire de rajouter à la confusion et de décourager d'éventuels nouveaux candidats. Bref, on fait croire qu'il y aura une élection et que Laurence est hors course. Et ça passe. La presse, un peu aidée par les communicants du MEDEF et de l'UIMM, se laisse prendre.

Acte III : Le comité statutaire se réunit. Il valide la proposition des statuts. Cela doit avoir été fait cette semaine. De toutes les façons, il ne donne qu'un avis (article 22). Et on voit mal ce qu'il pourrait dire contre la modif proposée. Si vraiment, on veut lui donner l'air indépendant, on fait en sorte qu'il refuse une modif (la limite d'âge de 65 ans) et qu'il accepte l'autre (le 2e mandat de 5 ans). Comme ça, on montre qu'on n'est pas aux ordres.

Acte IV : Le conseil executif se réunit pour examiner la modif des statuts (mi février). Evidemment, l'UIMM prend la tête de la contestation et dit à nouveau : "Laurence, cela ne peut pas s'appliquer à toi, mais ok pour les modifs". Lolo ne dit rien ou "oui, bien sûr, je n'en sais rien, je réfléchis". Et hop, le CE vote oui à la modif des statuts. Le thème étant toujours le même : unité patronale, ne pas se montrer diviser, avec ça on règle tout, surtout entre nous parce que dehors, ce sont les méchants rouges avec le couteau entre les dents, patati patata.

Acte V : dans la foulée en convoque une AGE (début mars). La convocation doit être envoyée 15j à l'avance (article 28). Donc, en s'y préparant bien, cela peut être fait avant mi mars. Ce qui sera soumis au vote sera la modif des statuts. Il se peut même que le CE se laisse tenter par un vote par correspondance (arti 8 du RI). Donc, du pur factuel, sous couvert de logique et de cohérence entre les 2 mandats. On

Acte VI : On dit qu'on va effectuer une élection. Mais au CE de Mars, l'un des afficionados de Laurence explique que comme la modif des statuts a été acceptée dans la joie et la bonne humeur (si le CE a voté oui, l'AGE suivra comme un seul homme), c'est dommage de se priver de la si merveilleuse Laurence, d'autant que plus rien n'oblige (statutairement) à une élection. Tout le monde pourra dire : mais tu t'y es engagé, etc, on connaît Lolo, elle s'assiera dessus (et on connaît les moutons déguisés en loups). D'autant que juridiquement, plus rien ne l'y contraindra. Alors, un engagement moral qu'elle n'a même pas signé...

Voilà, le putsch est fait, nickel. La presse sera morte de rire (au mieux - elle aura peut-être été remise au pas entre temps), les adhérents se sentiront floués (mais ils s'en remettront), l'image du patronat en sera affectée (mais au point où on en est, et de toutes les façons, le pouvoir socialiste recréera l'unité contre lui).


lundi 21 janvier 2013

Laurence parisot est merveilleuse

Laurence Parisot Poutine doit parfois se dire que, certains jours, il vaut mieux ne pas avoir de soutiens qu'en avoir trop.

Dans une tribune parue dans Le Plus du nouvel Obs, Guillaume Cairou, Président du Club des Entrepreneurs se livre à une ode échevelée de Laurence Parisot, parée de toutes les vertues, extraordinaire à en perdre la raison...

Il faut lire ce billet jusqu'au bout, et en savourer chaque phrase. Dans un style que l'on ne croyait plus possible de nos jours, digne de la Pravda de la grande époque, il explique que LPP est vraiment la femme merveilleuse dont on rêve.

Je vous copie juste la conclusion :
"Chacun l’aura compris, je considère que Laurence Parisot est une personnalité énergique avec une capacité de rassemblement unique qui incarne mieux que personne et plus que jamais l’avenir d’un mouvement patronal moderne et digne de ce nom. Le monde économique a été bouleversé, le Medef a évolué, nos entreprises sont bousculées, le temps de l’unité est venu et la continuité bienvenue."

Bon, blagues mises à part. Même si tout cela était vrai (pour connaître l'interne, je peux témoigner qu'il faut y apporter de sérieuses nuances), en quoi cela justifie-t-il de bidouiller les statuts pour s'accrocher au pouvoir ? Après avoir donné des leçons de morale à tout le monde, c'est tout de même curieux (à tout le moins).

dimanche 20 janvier 2013

PSA au MEDEF ?

Moi qui croyais pouvoir passer un weekend tranquille, raté !

Voilà que l'UIMM rentre dans le jeu par la voix de son président, Frédéric Saint-Geours. Dans une interview samedi 19 janvier au journal Le Figaro, la patron de l'UIMM indique que la modification des statuts du MEDEF, s'ils devaient avoir lieu, ne s'appliqueraient qu'au futur président. Sous-entendu : Laurence Parisot doit terminer son mandat mais pas plus.

Il précise également qu'il y aura un candidat soutenu par l'UIMM après la convention du 6 mars. De là à conclure que ce sera lui, plusieurs journalistes ont franchi allégrement le pas ce weekend (La tribune, Challenges, Le Figaro...). Bon, je veux bien, mais quand je lis l'interview, je ne comprends pas bien qu'il sera candidat. Bien sûr qu'il en a certainement vaguement envie, mais le veut-il vraiment ?

Ce qu'il y a de bien avec cette élection, c'est que pour l'instant, on est surtout dans le royaume de la rumeur. Alors, Laurence dit qu'elle modifie les statuts mais n'a pas pris de décisions, St Geours dit que ça ne peut pas être Laurence, mais ne se lance pas... Et ça veut diriger le MEDEF ? Un peu moins de politique et un peu plus d'idées s'il vous plaît. Arrêtez de voir le MEDEF comme un objet politique et de prendre les 560 électeurs pour des benêts !

Merci MM. Lanxade, Volot et Gattaz. Au moins, dans vos cas, il n'y a pas de faux-semblants.

A suivre.

jeudi 17 janvier 2013

Sagesse ou décadence ?

Le journal l'usine nouvelle, decidemment tres amusee par la situation patronale, continue de creuser cette histoire de changement des statuts du MEDEF. Dans un article posté hier, il s'interroge sur la composition du fameux "comité statutaire" qui va devoir donner un avis sur la modification des statuts proposés. Malgré un interrogatoire serré de son président, Georges Drouin, la composition est restée secrète (ouf!).
Pour préserver ses membres de la pression médiatique ? Mouais, sauf que cela fait des années que cette composition est inconnue, avant même toute pression médiatique.

Dans tous les cas, on souhaite bonne chance à ce comité. Car que pourra-t-il dire si ce n'est reconnaître l'anomalie pointée par Laurence Parisot Poutine ? Oui, en cas de réélection du Président, le second mandat est de trois ans contre cinq ans pour un candidat nouveau.

Certes, mais c'est peut-être oublier rapidement que cette anomalie a été introduite en 2007 par LPP elle-même lors d'une réforme des mêmes statuts. On suppose qu'à l'époque, le comité statutaire avait dû être saisi également et donc avait dû valider cette modification. On avait même accusé LPP de préparer sa réélection en la rendant plus facile. Rappelons qu'en 2007, un président sortant pouvait briguer un nouveau mandat exceptionnel, mais dans ce cas :
- le vote se faisait devant le Comité éxecutif, avec une majorité des 2/3 (ce que LPP craignait à l'époque) ;
- il n'y avait pas d'autres candidats (ce n'était pas une élection), l'AG se contentant de ratifier (comme toujours).

La "sagesse" du comité pourra donc se mesurer à la constance de ses avis : ce qui était bon en 2007 ne serait plus bon en 2013 ? L'exercice devient compliqué.

mardi 15 janvier 2013

J'y suis donc j'y reste

En écoutant Laurence Parisot ce matin sur France Info, on ne peut s'empêcher d'admirer la précision de l'argumentation :
- L'heure est grave et l'accord est historique mais il faut suivre les détails (décrets, etc.)
- Il est important que l'équipe en place continue son travail.
- Plusieurs patrons m'avaient demandé de rester, donc j'ai posé la question au Comité Statutaire mais je ne me prononcerai que lorsqu'il aura rendu son avis.

Superbe et bien vu, sauf que :
- Le courrier transmis au Comité statutaire date de début janvier, donc une date où l'accord n'était pas encore formé. Donc, la volonté de Laurence Parisot Poutine (ou Staline) était bien de se maintenir quelque soit le résultat de l'accord. Si celui-ci avait été négatif, l'argumentaire aurait été différent, mais le résultat le même.
- L'accord a surtout été obtenu des négociateurs (bernasconi, pilliard,...). Laisser croire que la Présidente a été à la manoeuvre de manière très quotidienne est une imposture. Le contraire serait d'ailleurs inquiétant : cela voudrait dire que le Medef n'a fait que cela pendant quelques semaines. Supposer que Laurence Parisot est indispensable pour relire les projets de décret est grotesque, et -même si sa compétence était si extraordinaire- qu'est-ce qui empêcherait qu'elle amène sa compétence sans être présidente ? A croire que LPP ne travaille que si elle a le titre.
- Plusieurs patrons lui avaient demandé ? Peut-être, mais hier, au Conseil Executif, plusieurs Fédérations (et non des moindre), lui ont demandé de renoncé à cette mauvaise idée. De cela, pas un mot. Faisons croire à l'unité patronale derrière moi.

On disait Laurence Parisot habile, tout cela semble plutôt grossier. Il faut vraiment qu'elle soit persuadée de la molesse de la réaction pour agir avec aussi peu de finesse.

lundi 14 janvier 2013

Lundi, folle journée

Avec Laurence Parisot, on n'est jamais déçu. Aujourd'hui, folle journée : pas de drames, pas de claquement de portes (dommage), pas de cris - rien. Le silence et la poursuite de sa stratégie de putsch comme si de rien n'était.
Enfin  il semble bien que quelques moutons aient retrouvé de la voix pour bêler de protestations : St Geours (UIMM), Ridoret (FFB)... et quelques autres. "non, Laurence, ce n'est pas bien de vouloir changer les statuts". Voilà, on a protesté, on a fait notre devoir.
Et...
Et...
Ben rien.
Comment ça rien ?
Non, rien. Laurence s'en fout et l'a dit a peu près comme ça au CE. "Votre position est intéressante, merci, mais j'ai saisi le Comité statutaire, alors on va aller jusqu'au bout."
Euh oui, mais alors, on fait quand l'élection ?
Quelle élection voyons ? Si on change les statuts pour passer de trois à cinq ans, je pourrait en bénéficier, donc on n'a plus besoin d'une élection.
Ah ben alors, vu comme ça...
Le seul à s'être un peu opposé pour l'instant est Pierre Gattaz, le président du Groupe desFédérations industrielles (GFI) et de la FIEEC (Fédération de l'industrie électrique, électronique et de communication). Et encore, ça reste feutré.
Espérons pour lui qu'il ne soit pas seul trop longtemps.